Joe Lamport et Lauren Siegel
Du lancement de la nouvelle Alliance mondiale du karité à la greffe des arbres de karité en passant par un forum inter entreprises, « Karité 2011 : Solutions durables » a mis en relation des centaines d’acteurs de la filière du karité de l’Afrique de l’Ouest et du monde entier et leur a permis d’avoir accès aux informations dont ils ont besoin pour développer le secteur.

L’Ambassadeur des États-Unis, Donald Teitelbaum, à gauche, discute avec le Vice-président, John Mahama et la Directrice du Centre pour le Commerce de l’USAID, Vanessa Adams lors de Karité 2011.
« Il existe un triple résultat net et de nombreux domaines peuvent rapporter gros, » a déclaré l’Ambassadeur américain, Donald Teitelbaum, en parlant des personnes, de la planète et du profit – les piliers d’un secteur durable du karité. « Le secteur du karité est une affaire intéressante et rentable, c’est déjà un secteur favorable à toutes les parties. »
« Mais le secteur est gagnant à d’autres égards » a t-il poursuivi. « Il génère des revenus pour les femmes rurales pauvres et assure une protection de l’environnement parce que des milliards de tonnes de carbone seront stockés en toute sécurité dans les arbres. »
Le Vice-président du Ghana, John Mahama, a officiellement ouvert la manifestation en compagnie de l’Ambassadeur américain, Donald Teitelbaum. Il a félicité les acteurs de la filière de s’être rassemblés pour développer le secteur.
Personnes
Le karité met en relation des millions de personnes – au moins 4 millions de femmes en Afrique de l’Ouest qui ramassent et/ou transforment les noix de karité en beurre de karité à des centaines de millions de consommateurs sur les marchés internationaux. L’utilisation du karité dans les bonbons au chocolat, y compris dans les marques les plus populaires de barres chocolatées aux États-Unis et en Europe, signifie qu’un grand nombre de personnes en consomme pratiquement chaque jour.

Eugenia Akuete (au centre) est la première présidente de l’Alliance mondiale du karité. De gauche à droite, Santosh Pillai de Wilmar, Zainab Ibrahim Kuchi de Daralkuchi Group au Nigeria, Mamounata Velegda de la Fédération nationale du karité du Burkina Faso, Akuete, Mamtou Djiré de la Fédération nationale du karité du Mali (co-Vice-président), Kadijatou Lah de la société de commercialisation du karité Lawal International au Mali et Peter Stedman de The Body Shop (co-Vice-président).
Avec le lancement officiel de l’Alliance mondiale du karité (GSA) lors de Karité 2011, l’objectif du Secrétariat du GSA, qui est abrité par le Centre pour le Commerce de l’USAID et dirigé par un comité exécutif de sept personnes, composé d’une majorité de femmes, élu, par 100 membres cotisants représentant les principaux acteurs du secteur lors de la conférence, est de relier les personnes tout au long de la chaîne de valeur.
« La formation de l’alliance est l’aboutissement d’un travail colossal » a affirmé la Directrice du Centre pour le Commerce de l’USAID, Vanessa Adams, qui a également dirigé l’équipe qui a contribué au lancement de l’Alliance pour la promotion de la noix de cajou en 2006. « Elle implique les principaux acteurs du secteur, l’Alliance représente un point de vue multinational ainsi que des organisations de base, des exportateurs en passant par des commerçants – tous ceux qui sont engagés dans la filière du karité sont impliqués. »
« Chacun a un rôle à jouer et une raison de s’assurer que l’alliance valorise le secteur. C’est là l’objectif. »
« Pour moi, l’Alliance du karité se résume à valoriser davantage la filière, particulièrement sur le continent africain » a déclaré Funlayo Alabi de Shea Radiance.
La conférence était précédée d’une formation de deux jours fournie par des spécialistes de toute la chaîne de valeur. Les plus de 250 parties prenantes en provenance du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, de la Guinée, du Mali, du Niger, du Nigeria, du Sénégal, du Sud Soudan, du Togo et de l’Ouganda ont appris comment fabriquer des produits de beauté naturels, développer et publier un site Web, préparer une demande bancable de prêt auprès d’une banque commerciale et d’autres institutions financières et réduire les coûts logistiques et d’expédition.

Joseph Hunwick, à gauche, dirige un atelier consacré à la formulation de produits de beauté.
« Je m’attendais à un groupe de 30 personnes et il y en a eu plus de 100 » a déclaré Joseph Hunwick, un spécialiste des formules de fabrication de produits de beauté naturels dont les ateliers ont montré aux participants comment créer des produits de beauté naturels.
« Ajouter de la valeur au beurre de karité brut en créant des émulsions, des lotions et d’autres produits de soins de la peau fournit une vaste gamme d’options » a affirmé M. Alabi de Shea Radiance, qui a participé aux ateliers. Les producteurs africains peuvent maintenant fabriquer des produits de beauté de qualité supérieure pour le marché local et international. »
Planète
Le changement climatique mondial a réorienté les efforts de l’humanité pour s’assurer que les activités humaines ne contribuent pas à des niveaux élevés de dioxyde de carbone dans l’atmosphère – mais préserve et fait la promotion d’un environnement qui retient le carbone – les soi-disant « puits de carbone. » Les arbres de karité sont un parfait exemple d’une grande victoire des deux côtés.
Lors de Karité 2011, un atelier consacré aux techniques de greffe des arbres a montré aux participants comment introduire les qualités d’un arbre arrivé à maturité dans une jeune plante, une technique éprouvée courante dans la culture du manguier. Le greffage des manguiers a contribué à produire de plus gros fruits, réduit le temps nécessaire pour qu’un arbre arrive à maturité et permis d’augmenter les variétés et les parfums disponibles en Afrique de l’Ouest.
« Certains pensent que les arbres de karité ne poussent qu’à l’état sauvage » a expliqué le Dr Lovett. « Mais ils sont en réalité dans des espaces verts que les populations gèrent depuis des millénaires. Doter les acteurs locaux de compétences nécessaires pour greffer les arbres permettra non seulement de valoriser tout le secteur du karité mais également de le protéger et d’en faire la promotion. »

Le greffage du karité lors de Karité 2011 : Solutions durables.
La culture du karité permet également de lutter contre la désertification, ce qui permet de maintenir la fertilité du sol au Sahel – et de protéger et de favoriser la sécurité alimentaire pour des millions de personnes.
Profit
Les deux entreprises ne s’étaient pas rencontrées face à face avant le forum inter entreprises organisé lors de Karité 2011. Mais une fois assis – au milieu du bruit provenant des rencontres similaires organisées par les équipes du Centre pour le Commerce de l’USAID spécialisées dans le karité et l’établissement de liens avec les marchés – des affaires étaient bientôt conclues. Le marché permettra de fournir plus de 100 tonnes de beurre de karité non raffiné à un acheteur aux États-Unis – et de générer des emplois et des revenus en Afrique de l’Ouest.
Les experts, lors de la conférence, ont reconnu que le karité avait un énorme potentiel. Dans l’industrie alimentaire, la demande mondiale de chocolat continue à augmenter d’environ 3% par an a noté Robert Simmons de LMC International, une importante organisation de surveillance du marché.
Alors que la consommation de chocolat a augmenté, les prix du beurre de karité ont par contre chuté a-t-il expliqué aux participants – parce que les chocolatiers utilisent plus de poudre de cacao et moins de beurre de cacao pour fabriquer leurs produits a-t-il affirmé.
Les parties prenantes ont convenu que l’objectif stratégique de l’Alliance mondiale du karité d’établir des normes de qualité peut contribuer à garantir que les femmes qui ramassent les noix de karité obtiennent une plus grosse part des bénéfices, ce qui aurait un impact considérable sur les moyens d’existence en Afrique de l’Ouest comme l’a montré une étude réalisée en 2010 par le Centre pour le Commerce de l’USAID.
L’étude a montré qu’une augmentation de 1 000 dollars des ventes de karité dans les villages permettait d’ajouter 1 580 dollars à l’économie locale – et permettrait d’améliorer considérablement les moyens d’existence. L’étude complète est disponible ici ! LIEN
L’impact est encore plus important étant donné que le karité est une affaire de femmes en Afrique de l’Ouest. Plus de 4 millions de femmes participent chaque jour au ramassage des noix et/ou à leur transformation en beurre de karité pour l’exportation. Elles vivent dans les communautés rurales où la pauvreté est plus grande et où les cultures de rente contribuent considérablement à l’économie familiale.
« Je vois le long de la chaîne de valeur des toitures en morceaux transformées en toitures en tôle ondulé, je vois des cases se transformer en murs en béton parce que le karité peut sincèrement avoir un impact majeur à la base » a noté Zainab Ibrahim Kuchi, présidente de Daralkuchi Group of Companies au Nigeria et membre nouvellement élu du comité exécutif de l’Alliance mondiale du karité.
« Au Burkina Faso, au Ghana et au Mali, les femmes de ces milieux ruraux appellent le karité « travail pour payer les frais de scolarité » » a affirmé Eugenia Akuete, Présidente de la GSA et fondatrice/directrice générale de Nassakle au Ghana.
« Les femmes utilisent les revenus qu’elles retirent du karité pour envoyer leurs enfants à l’école – il est également en train de promouvoir l’éducation surtout des filles. »

Stakeholders from across the industry sponsored Shea 2011: Sustainable Solutions
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