Tuesday, October 18 2011
Les postes de contrôle sont la bête noire du secteur des transports en Afrique de l’Ouest – ils retardent le mouvement des véhicules qui transportent des biens et des personnes et sont source de frustration pour les chauffeurs, les passagers et les commerçants en raison des agents sans scrupules qui cherchent de « quoi manger ».
Cinq ans après que l’USAID et l’UEMOA, avec l’appui de la CEDEAO, ont lancé une initiative destinée à contrôler et faire état du problème, les améliorations se sont produites lentement. Mais lors de la réunion annuelle du comité directeur de l’initiative qui s’est tenue au mois de septembre à Lomé au Togo, les parties prenantes ont convenu que ces améliorations avaient quand même eu lieu.
Les pots de vins et les délais d’attente ont baissé – de 36% et 17%, respectivement –sur les trois axes routiers où l’initiative sur l’amélioration de la gouvernance routière a commencé en 2006. Les rapports trimestriels ont petit à petit reflété ces améliorations.
Entretemps, le contrôle sur l’axe routier Abidjan-Lagos, la plus active route commerciale de la région, a connu des améliorations similaires. L’Organisation du couloir Abidjan-Lagos (ALCO) qui est soutenue par la Banque Mondiale et la CEDEAO et qui rassemble des donnés sur les délais d’attente et les pots de vin sur ce tronçon, a relevé une concentration intense de postes de contrôle entre Lagos et la frontière avec le Bénin – avec en moyenne un poste de contrôle tous les quatre kilomètres, c’est peut-être la route la plus contrôlée au monde.
« Tout le monde reconnaît aujourd’hui l’ampleur du problème » a affirmé le Dr Justin Koffi, Secrétaire exécutif de l’ALCO. « Maintenant grâce aux efforts déployés en matière de contrôle et d’établissement de rapports, un plus grand nombre de personnes agissent. C’est dans ce cadre que l’ALCO et le Centre pour le Commerce collaborent étroitement pour résoudre les problèmes liés aux délais d’attente et au harcèlement au niveau des frontières et sur les routes. »
L’établissement de rapports a entraîné un changement dans la manière d’aborder le problème. Tout d’abord la portée du rapport a été élargie : le nombre de pays ayant des axes routiers qui font l’objet d’un contrôle a depuis doublé. Plus important encore, les activités de plaidoyer et de diffusion sont devenues plus percutantes et plus sophistiquées. La campagne de sensibilisation de
Borderlesslancée en mars 2010 a récemment été complétée par l’Alliance Borderless, menée par le secteur privé pour transformer l’inspiration en action.
« Le Sénégal fait partie de l’initiative d’amélioration de la gouvernance routière depuis 2009 » a noté Dramé Seck, directeur des transports routiers. « Les pratiques dysfonctionnelles liées aux nombreux postes de contrôles – délais d’attente et pots de vin – sont en train d’être combattues.
«La campagne Borderless a permis aux gens de dénoncer les pratiques qui persistent depuis longtemps » a affirmé Gerard Delanne, secrétaire général du Syndicat national des transporteurs de marchandises du Niger.
C’était l’un des thèmes récurrents de la réunion qui s’est tenue dans la capitale togolaise. De nouvelles initiatives ont porté du fruit l’année dernière – selon les intervenants du secteur, des caravanes au Ghana et au Togo ont entraîné une baisse continue du harcèlement – mais l’accent a été mis sur l’évolution de l’initiative : les parties prenantes ont convenu d’établir un Observatoire des Transports en Afrique de l’Ouest, qui élargirait la portée de l’initiative de contrôle en vue d’étudier presque tous les aspects qui ont une incidence sur les coûts du transport des marchandises et des véhicules à travers la région.
« Un tel observatoire permettra certainement d’améliorer le commerce régional en prenant également en compte les transporteurs et les ports » a affirmé Seydou Traoré du Conseil des chargeurs du Mali.
Les jalons atteints
Les parties prenantes ont estimé que le lancement du projet Bordeless dans cinq pays représentait un jalon important dans la réduction des postes de contrôle, des délais d’attente et des pots de vin.
La campagne a établi un terrain d’entente pour les activités du Sénégal jusqu’au Togo – et la participation des principaux partenaires de l’Organisation du Couloir Abidjan-Lagos, des projets de l’ATP/E-ATP de l’USAID au Ghana, et d’entreprises de transport et de logistique de premier plan du secteur privé a donné une plus grande portée au message.
« Le concept de Borderless est largement accepté et s’inscrit dans le cadre de nombreuses discussions avec les autorités » a affirmé M. Seck du Sénégal. « L’objectif principal de tous les protocoles de réglementation de l’UEMOA et de la CEDEAO relatifs au commerce, au transport et à la facilitation du commerce est le commerce sans frontières en Afrique de l’Ouest. »
Au mois de mai, les premiers ministres du Mali et du Sénégal se sont réunis sous le signe de Borderless pour discuter des échanges commerciaux entre leurs pays. Le Ministre du Commerce du Ghana ainsi que d’autres fonctionnaires de l’État ont également participé à la campagne.
Renforcement des activités de collecte de données
Lors d’un atelier d’un jour qui s’est tenu avant la réunion du comité directeur, le Centre pour le Commerce de l’USAID a formé des agents de collecte de données de tous les pays le long du couloir qui identifient et aident les chauffeurs de camion à remplir les questionnaires servant de base aux rapports. Les chauffeurs de camion indiquent volontairement sur les fiches tous les postes de contrôle où ils sont retardés ou harcelés pour des pots de vin.
| Rapports conjoints sur les tracasseries routières |
|---|
| 2ème Trade Hub / ATP / ALCO Rapport conjoint sur les tracasseries routières (Sep. 2010) |
| Rapport conjoint régional sur le harcèlement sur les routes (Mar. 2010) |
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