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Premier rapport régional sur la corruption routière
Par Julianna
White et Elodie
Windels
©Centre pour le Commerce en Afrique de l’Ouest de l’USAID
Les corps en uniforme perçoivent de 25 à 105 dollars par voyage et par
camion. Les contrôles illicites sur les routes ouest-africaines sont
majoritairement imputables aux forces de l’ordre et aux douanes.
 Cet extrait du rapport sur la corruption illustre les postes de contrôle et pots-de-vin au Burkina Faso. Telles sont les conclusions du
Rapport Relatif aux Premiers Résultats de l’Observatoire des Pratiques Anormales (OPA) sur les Axes Routiers Inter-Etats, présenté les 5 et 6 juillet à l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) à Ouagadougou.
L’OPA récolte et analyse des données sur trois corridors, reliant
chacun Tema (Ghana), Lomé (Togo) et Bamako (Mali) à Ouagadougou
(Burkina Faso).
Le système d’information enseigne que les camions subissent des retards
de deux à plus de trois heures par pays. Les rackets et retards sont
dus aux barrages intempestifs érigés sur les axes inter-Etats et
concentrés aux frontières.
Le Mali obtient la plus mauvaise côte. 19 obstacles s’y
dressent par rapport aux 24 barrages sur le corridor Ouagadougou -
Bamako. Les chauffeurs sont arrêtés de quatre à cinq fois sur 100 km en
territoire malien.
Un transporteur a récemment dénoncé le traitement infligé aux
chauffeurs togolais dans les Echos, quotidien populaire au Mali. « Il
faut 300 000 F CFA (USD 600) pour un camion qui fait le trajet
Lomé-Bamako et vice-versa. » a dit M. Otonki. « Les 35 000 F (USD 70)
sont pour les frais de Lomé, tout le reste est dépensé entre Ouaga et
Bamako. »
La portion togolaise du corridor Lomé - Ouagadougou est en
effet la plus favorable à la circulation des camions. S’y élèvent onze
barrages arrêtant les chauffeurs une à deux fois sur 100 km. Le
corridor comporte toutefois 18 barrages, un nombre encore trop élevé
pour les transporteurs.
Augustin Karanga, économiste des transports de l’UEMOA, a envoyé la
balle aux décideurs : « Personne n’est opposé au contrôle routier, mais
on ne peut pas nous convaincre que 40 contrôles sur un véhicule dans un
même corridor est normal. On n’appelle pas ça contrôle, mais c’est du
racket. »
*Une coopération internationale
 Lors de la publication du rapport de l’OPA à l’UEMOA à Ouagadougou L’atelier
de restitution des premiers résultats, les 5 et 6 juillet, lançait
officiellement l’OPA, en présence de 150 invités venus de dix pays
(Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Ghana, Guinée-Bissau, Mali, Niger,
Nigeria, Sénégal, Togo)
et issus de sphères multiples : directions nationales des transports,
chambres de commerce et d’industrie, syndicats, secteur privé,
partenaires de développement, société civile, médias...
Les résultats de l’étude pilote menée d’octobre 2006 à mai 2007 ont
alimenté le cœur des débats. La collecte et l’analyse des données
continuera sur les trois corridors prioritaires et générera des
rapports trimestriels. A l’horizon 2008, l’OPA couvrira le corridor
Cotonou (Benin) - Niamey (Niger).
L’OPA a été initié par l’UEMOA et la Communauté Economique des Etats de
l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), avec le soutien financier de l’Agence
des Etats-Unis pour le Développement International (USAID) et du
programme des Politiques de Transport en Afrique Sub-Saharienne (SSATP).
 Livrets des documents requis pour les voyages inter-Etats Le Centre pour le Commerce en Afrique de l’Ouest (WATH) à
Accra fournit l’appui technique au projet. Dernièrement, WATH a publié
des guides des documents requis pour les voyages inter-Etats à l’usage
des conducteurs burkinabè et ghanéens. Les guides pour les Maliens et les Togolais sortiront prochainement.
Pour plus d'informations sur les activités ou les rapports de l'OPA, veuillez visiter www.watradehub.com/accra ou contacter Elodie Windels à
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*Propos rapportés dans Les Echos,10 juillet 2007, http://www.afribone.com/article.php3?id_article=7186.
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